
25 °, plein soleil, les canards, un carré d’herbe, le lac Lanar, à San Martin de los Andes, en Patagonie centrale. Je savoure la douceur du moment, en me rappelant les jours précédents. Il y a peu, j’étais déjà en Patagonie, mais 36 heures plus au Sud, dans la partie rude et sauvage, froide et venteuse, et pourtant si accueillante.
Je me souviens qu’après l’éprouvant et superbe périple dans le massif du Torre, nous avons passé toute la journée suivante dans la salle à manger-cuisine du Refugio d’El Chalten, tant le vent, la pluie et le froid se déchaînaient. On attendait le bus de 23h30 pour Bariloche, en buvant le maté et en tentant de se réchauffer au gaz de la cuisinière. Curieusement, moi qui suis plutôt impatient de nature, j’appréciais ce temps long, passé à ne rien faire, seulement à réaliser que j’étais effectivement en Patagonie et que, décidément, j’aimais ça !
Puis ce fût de nouveau la route, et quelle route ! La Ruta 40, mythique, qui sur des centaines de kilomètres, traverse lacs immenses au bleu profond, tout en longeant la cordillère andine marquant la frontière avec le Chili. 32 heures et deux nuits plus tard, le bus atteignait Bariloche. L’autre Patagonie pouvait commencer, plus verte, plus douce, en un mot, plus printanière. Mais là aussi, la nature faisait merveille : du haut du Cerro Campanario, on embrassait du regard trois, quatre, cinq lacs ; les forêts étaient épaisses, les montagnes encore enneigées, les volcans imposants.
Je retrouve les mêmes paysages à San Martin, 4 heures plus, au Nord, avec encore davantage de pureté peut-être, dans cette petite ville si paisible. L’ascension du Cerro Colorado offre au regard le cône parfait du volcan Lanin et des Andes d’un côté, le lac Lanar de l’autre. C’est toujours la même chose –des lacs, des volcans, des forêts- et c’est toujours différent.
Et s’il était là, le véritable charme de la Patagonie ?
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